Accompagner la montée en puissance d’un champion panafricain: la reprise réussie du Groupe Netis par un consortium composé d’Amethis, Africinvest, Proparco et IFC
Un consortium d’investisseurs financiers de premier plan pour un leader en forte croissance dans les télécoms
En l’espace de quinze ans, Netis a connu une transformation spectaculaire. Créé en 2009 pour servir ses premiers clients au Ghana, le groupe se concentrait à ses débuts sur la fourniture d’équipements télécoms aux opérateurs de tours (« TowerCos »). Depuis, il s’est imposé comme un leader dans la prestation de services de réseaux télécoms en Afrique, présent dans 14 pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, et employant plus de 3 200 collaborateurs. Netis est aujourd’hui l’un des principaux acteurs du continent pour l’installation et la maintenance de réseaux de tours télécoms et de fibre optique. En 2018, Enko Capital Managers a pris une participation minoritaire dans Netis via le fonds Enko Africa Private Equity Fund (« EAPEF »), dédié aux entreprises de taille intermédiaire en Afrique. Cette participation a été renforcée en 2020, conférant à Enko la majorité du capital. Durant ces cinq années comme actionnaire de Netis, Enko a joué un rôle moteur dans le changement d’échelle du groupe et sa transformation d’un acteur régional en une plateforme industrielle panafricaine. Avec près de 3 milliards d’euros levés et investis au cours des trois dernières décennies, Amethis et Africinvest figurent parmi les investisseurs les plus influents du private equity africain. Associés à deux des principales institutions financières de développement, IFC et Proparco, ils ont constitué le consortium idéal pour mener à bien l’une des plus importantes reprises de l’industrie du capital-investissement en Afrique en 2023.
Une reprise d’envergure et exigeante
Des acquisitions d’une telle envergure par des investisseurs financiers restent rares en Afrique. L’implantation géographique de Netis, couvrant 14 juridictions à la fois anglophones et francophones, ajoutait encore à la complexité de l’opération. Peu d’acquéreurs disposent à la fois de la capacité financière et de l’expertise nécessaires pour mener à bien un tel projet. Pour susciter une concurrence suffisante, il a été essentiel de structurer le processus de manière à favoriser la constitution de consortiums capables de rivaliser avec des acheteurs individuels. La décision des fondateurs de rester actionnaires minoritaires a également représenté un enjeu majeur : il fallait aligner leurs intérêts avec ceux des vendeurs et des acquéreurs. Cette équation, qui a donné lieu à des négociations serrées, pilotées par Enexus en tant que conseil M&A principal, s’est révélée déterminante dans la réussite de la transaction.
La naissance d’une multinationale africaine ?
L’absence de stratégie de succession des fondateurs constitue l’un des principaux freins à la croissance des entreprises africaines indépendantes. Transformer une société familiale en multinationale suppose un transfert progressif du contrôle, tout en garantissant le soutien financier nécessaire pour rester indépendant. C’est précisément ce qu’a permis cette opération. Les fondateurs de Netis ont réussi à faire évoluer l’entreprise, passée d’un fournisseur d’équipements pour un seul client au Ghana à un groupe offrant une large gamme de services télécoms dans 14 pays. Désormais adossés à des actionnaires financiers solides, spécialistes de l’investissement en Afrique, ils disposent des ressources pour poursuivre leur développement de manière autonome et franchir un nouveau cap. Cette transaction illustre aussi la maturité croissante du secteur télécom africain, où la demande en connectivité continue de croître rapidement. Avec l’appui de ses nouveaux partenaires, Netis est en position de jouer un rôle central dans cette dynamique et, pourquoi pas, de devenir l’une des premières multinationales africaines des services télécoms.











